07.05.2008
Kylie Minogue à Bercy, 06.05.08
Le Marais devait être bien vide hier soir : Kylie à Bercy, c'est 17000 spectateurs dont pas un hétéro. Passée l'impression un peu étrange d'être à une répétition générale de la Gay Pride, l'ambiance est plutôt bonne et heureusement car au lieu d'arriver à 20h comme l'indiquaient les billets, Kylie ne se montrera qu'à 20h45... Un retard un peu agaçant, d'autant plus que pendant ce temps-là on se tape des pubs pour du gloss et du mascara en boucle, mais bien vite pardonné vu l'enthousiasme provoqué par la chute du rideau masquant la scène...
L'entrée sur scène est une horreur, un Everest du mauvais goût. Sur un Speakerphone bidouillé qui va crescendo défilent sur les écrans géants des images bleu fluo dignes d'une pochette de heavy metal, jusqu'à ce que les écrans s'ouvrent, dévoilant une Kylie quelques mètres au-dessus du sol dans un espèce de machin futuriste fait avec trois bouts de ficelle, vraiment cheap et assez ridicule. Heureusement la suite est un peu moins tape-à-l'oeil, exceptés quelques passages vraiments insoutenables, comme l'irruption d'un immense crâne-boule à facettes sur scène ou un tableau très "chance aux chansons", avec une grande valse devant une image de palais classique...
Malgré ces quelques dérapages, les tableaux sont, dans l'ensemble, réussis (la section cheerleaders, fabuleuse), les chorégraphies pas trop envahissantes et les visuels diffusés sur les écrans assez jolis, notamment sur Nudity et No more Rain.
Kylie chante assez peu au début, déléguant souvent le chant aux deux choristes qui chantent tout en background, permettant à Kylie de zapper une phrase ou deux si elle est trop essouflée pour les faire correctement. Heureusement, plus le show avance plus Kylie donne de la voix, et c'est un bon compromis qui évite le playback mais aussi de chanter faux après une chorégraphie endiablée (Madonna, si tu me lis, prends-en de la graine). Les musiciens sont franchement bons, les réorchestrations assez ambitieuses sans défigurer les morceaux et les interludes pendant lesquels Kylie se change ne sont pas trop longuets.
Côté setlist, les tubes s'enchaînent à toute vitesse, on a tout juste le temps de rentrer dans le premier tableau que voilà Can't get you out of my head, vite suivi des singles de X (In my arms, Like a drug, 2 hearts, Wow), de la plupart des tubes des années 2000 (In your eyes, Slow, Kids...) et de quelques vieilleries (dont je retiens surtout Step back in time que je ne connaissais pas). Et, surprise, alors que Bercy se transforme pour de bon en dancefloor géant avec Love at first sight, le rideau retombe, les lumières se rallument : entracte. Attendre à nouveau 30 minutes plombe évidemment l'ambiance et le tableau japonais qui ouvre le deuxième set a du mal à décoller. Il faut dire que Kylie a grillé presque toutes ses cartouches dès le début, et les titres fédérateurs manquent à cette deuxième partie du concert : après Sensitized et Come into my world, tous deux totalement hors-sujet dans le contexte nippon, s'amorce un long tunnel. Pour commencer, un tableau spécial slow. Kylie y montre qu'elle est capable de tenir Bercy sans décor ni danseur, avec le strict minimum, et assure vocalement, mais il n'empêche que ses petites ballades sont tristement dénuées d'intérêt. Pendant qu'elle fait la diva sur le devant de la scène, le dernier décor se met en place dans le fond. Le dernier tableau s'ouvre sur Loveboat, morceau passable, et se poursuit sur une reprise de Copa Cabana. Il y a de toute évidence du second degré là-dessous, mais ça reste malgré tout un peu too much... Heureusement, le tableau se termine sur un fabuleux Spinning around, accompagnée d'une chorégraphie assez simple mais sur laquelle Kylie semble s'éclater, c'est l'essentiel. Après nous avoir fait poireauter encore un bon moment, Kylie revient terminer avec No more rain et All I see en acoustique ("en bonus, rien que pour nous parce qu'on est super", mais oui bien sûr), deux jolis morceaux qui ferment le concert sur une note de douceur.
Au final, plus de 2h30 de concert avec une Kylie fidèle à l'image que j'avais d'elle d'après ses albums : une showgirl légère et spontanée bien que tout soit répété au millimètre près, une femme souriante et communicative et surtout une interprète irréprochable... La reine de la pop en personne.
12:11 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : kylie minogue, paris, bercy, x, fever
05.05.2008
Madonna - Hard Candy
Madonna Hard Candy
Avril 2008
Note : 4,5/10
25 ans, le bel âge, le début d'une carrière, le moment où l'on peut décider de prendre un virage radical et se faire faire un album R'n'B comme tant d'autres chanteuses l'ont fait, un album inconsistant et passe-partout qui relancera des ventes en berne. Non, non, ne dites pas à Madonna qu'elle a 50 ans, elle en a 25 et elle vous emmerde, et elle se déguise en boxeuse coquine si elle veut. Et puis si Nelly Furtado a fait du R'n'B, alors elle peut aussi, car elle peut tout faire. Et ne lui dites pas non plus qu'elle a vendu plus de 9 millions de Confessions on a dancefloor, elle s'en fout, elle n'a toujours pas digéré le semi-échec du pourtant excellent American Life. Jeunisme, petites concurrentes aux dents longues, voilà sans doute deux des raisons pour lesquelles Madonna sort aujourd'hui un album plus putassier encore que le navrant Confessions. En attendant des nouvelles de la Madone qui savait faire des albums pop touchants et fouillés comme Music, jetons donc une oreille à ce Hard Candy.
Contrairement à Björk, qui sur Hope et Innocence ne s'était pas faite déborder par le style de Timbaland, Madonna se fait bouffer par le style du rappeur-producteur le plus hype du moment. On retrouve des beats signés Timbaland, une touche de synthé typique, la même que sur le nouveau M.Pokora, sur Dance 2night, et Timba va même jusqu'à réécrire le Cry me a river de Timberlake dans Devil wouldn't recognize you, poussant le vice jusqu'à y inclure le même break à base de bruits d'orages. On a d'ailleurs parfois l'impression d'écouter un album de Justin, qui vole la vedette à Madonna à plusieurs reprises, en particulier sur le premier single de l'album, 4 minutes. Pharrell, de même, fait sonner Spanish Lesson comme un titre de N*E*R*D et transforme Give it to me, potentiellement très entraînant, en une improbable rencontre entre pop 80's et compile de tuning.
C'est quand Madonna reprend le dessus que naissent les moments de grâce de l'album : Miles away, Beat goes on et She's not me sont autant de clins d'oeils à la Madonna des 90's, celle de I'm Breathless, d'Erotica et de Ray of light. Des morceaux pop bien calibrés, légèrement kitsch sans tomber dans la caricature, dansants mais bien construits... Trois notes d'espoir dans cet album tristement banal : Madonna est encore pleine de ressources.
15:15 Publié dans Critiques d'albums | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : madonna, hard candy, timbaland, musique, pop, r'n'b, timberlake
25.04.2008
Pauline Croze au Bataclan, 10.03.08
Je ne voudrais pas faire mon grincheux, mais n'est-ce pas un peu du foutage de gueule, quand on a deux albums à son répertoire, de faire un concert plus court qu'à l'époque où on en avait un seul? 19 morceaux enchaînés sans temps mort, pourtant elle n'avait pas de train à prendre la Pauline, elle était encore à Paris le lendemain... Et pas de dernier rappel, juste un petit retour sur scène, les lumières rallumées, pour nous dire qu'elle nous kiffe mais que bon là ça va quoi, elle a pas que ça à foutre. La Pauline que j'ai vue plusieurs fois il y a deux ans, elle revient et elle refait Je suis floue un p'tit coup (ou une autre, j'suis pas trop exigeant non plus), ou elle baragouine un Enjoy the silence mal fagoté.
Voilà, c'était mieux avant, ça m'a mis en mode schtroumpf grognon ce concert. Parce qu'elle aurait aussi pu se fouler un peu plus pour les arrangements. Exit les délires du genre M'en voulez-vous version ska, on colle à l'album dans 90% des cas avec juste une gratte en plus... On n'a qu'à embaucher un ingénieur du son tout naze, réserver une salle réputée pour son acoustique désastreuse et ils capteront rien à l'embrouille.
C'est vrai, c'est vrai, porter Un Bruit Qui Court sur scène, c'était un défi en soi. Des mélodies casses-gueules, des cris haut perchés, des instruments qui rentrent pas sur la scène. On va dire que ça justifie une prise de risque limitée. D'ailleurs même comme ça ça chie méchamment de la gueule par moments. Valparaiso ne fonctionne pas du tout sur scène (je me suis profondément emmerdé) et Sur ton front est encore plus mauvaise que sur l'album : en fait on n'entend presque plus rien au bout d'un moment tellement chaque musicien fait n'importe quoi dans son coin.
Et puis qui a proposé une version a capella de
Dans la chaleur des nuits de pleine lune? et de virer
Mise à nu et
Mal assis de la setlist?
Dernier tout petit détail, il serait temps qu'elle capte que si elle mettait un haut à sa taille, elle n'aurait pas à remettre sa bretelle en place toutes les 30 secondes.
Après tout, je suis peut-être juste blasé,à force. Si ça avait été mon premier concert de Pauline, j'aurais adoré (peut-être). Malheureusement pour moi, je sais qu'elle est capable de mille fois mieux. Et puis la palme de la nullité revient de toute façon au public qui était vraiment ignoble. Un brouhaha constant pendant les intros des chansons et surtout aucune réaction jusqu'à l'avant-dernier morceau, j'ai nommé
T'es beau. Il est superbe ce morceau, c'est pas le problème, mais si les gens n'aiment qu'une seule chanson de Pauline, qu'ils écoutent le CD chez eux et qu'ils ne viennent pas plomber l'ambiance!
Je finis avec le positif quand même. Pauline est sacrément à l'aise et ça fait plaisir à voir. Jamais je ne l'aurais imaginée danser comme une folle en talons aiguilles, elle qui habituellement ondule péniblement et trébuche avec ses Converse. Côté setlist, entrer sur Nous voulons vivre c'était l'idée du siècle, comme ça au moins j'étais en larmes dès le premier morceau, ça m'a mis dans l'ambiance. Et puis pour vérifier que la patronne est bien en forme vocalement, y a pas mieux. En tout cas elle place de ces notes, c'est impressionant... Jour de foule et Baiser d'adieu, pas de gros effort à faire, ça me fout déjà les larmes aux yeux sur l'album. Et puis le moment clé de la soirée,toujours Je suis floue. Les arrangements sont les mêmes qu'il y a deux ans et de réentendre ça, c'était juste un moment de bonheur absolu... je ne savais plus où j'habitais!
photo : Alain G.|Le Hiboo
13:15 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pauline croze, concert, musique, chanson française, clarys, un bruit qui court, nouvelle scène française
Albin de la Simone au Café de la Danse, 16.04.08

Albin m'a trop bien habitué. Quand je le vois en concert, j'attends toujours qu'une Jeanne Cherhal, un JP Nataf ou n'importe quel invité sorte d'un placard, histoire de nous offrir un duo débile répété à la va-vite. Ce soir, pas de Red Legs (qui auraient pourtant été bienvenues après Arlt, la première partie calamiteuse), pas de "ces mots stupides" : Albin assure le show tout seul comme un grand, bon, on va pas se plaindre non plus. Surtout qu'en guise d'invités il y a deux choristes un peu déjantées, en robes argentées, aux cheveux violets et oranges, qui reprennent les choeurs kitsch et débiles de Bungalow! Les deux soeurs Barnes sont en fait... des marionnettes, style Muppet show. Une idée qui aurait l'air un peu débile, voire pathétique, dans un autre contexte, mais chez le roi du kitsch qu'est Albin, ça passe comme une lettre à la Poste, d'autant plus qu'elles sont coordonnées aux moumoutes rouges qui recouvrent le synthé d'Albin et autres accessoires...
Une fois les deux soeurs présentées, les chansons de Bungalow! peuvent défiler : "Adrienne", "J'aime lire", "Ce pull" "Catastrophe", "N'importe quoi", "Vendéen" et surtout "Sympa" sont toutes de petites bombes taillées pour la scène, toutes en "pogos, bagarres de chaises". En revanche, "Parle-moi" et "J'avais chaud" sont aussi fades qu'en studio.
Côté vieilles chansons, on a surtout droit aux "tubes", celles qui marchent bien en live parce qu'elles ont la pêche : "J'ai changé", "Avant tout I want you", "Avril 4000", "Tu es là", "Elle aime" ne sont pas spécialement retravaillées pour l'occasion mais c'est vraiment un plaisir de les retrouver. Plus surprenantes peut-être, rescapées des setlists de la tournée précédente, "Ils cueillent des jonquilles", "Amour, amitié" et "Quand j'aurai du temps" apportent quelques moments d'émotion au concert. "Non merci" est la seule à être relookée de A à Z pour l'occasion : une version piano-voix très calme. C'est à la fois absolument génial et un peu frustrant d'être privé d'une chanson qui a autant de punch, j'aurais bien aimé la version "normale" en dernier rappel (à la place on a eu un bis d'"Avant tout...", pas mal non plus.
Seul point noir : la salle... Plus jamais je mets les pieds au Café de la Danse. c'est super mal foutu, avec une espèce de fosse bâtarde où on est obligés de rester assis parce que sinon on bloque la vue des gens dans les gradins, qui eux n'ont pas intérêt à se lever vu le peu d'espace dont ils disposent, pour remuer un peu c'est vraiment pas terrible... du coup impossible de jumper sur des morceaux pourtant irrésistibles comme "Sympa" ou "Avant tout I want you". quant aux morceaux calmes ils sont à moitiés ruinés par le bruit de la monnaie qui tombe lourdement dans le tiroir-caisse du bar toutes les 30 secondes...
Un très bon show donc, que j'espère revoir bientôt dans une salle plus sympa pour en profiter à fond!
photo : Seb|Le hiboo
12:31 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : albin de la simone, bungalow, jeanne cherhal, muppet, pop, chanson française, arlt
09.04.2008
Juliette - Bijoux et babioles
Juliette Bijoux et babioles
Février 2008
Note : 4,5/10
Avant Mutatis Mutandis, son album le plus réussi à ce jour, Juliette c'était essentiellement de jolis textes sur des instrumentations pas très subtiles, bourrées de flonflons et de pouet-pouet. C'est vers cette Juliette des débuts que tend malheureusement ce septième album studio, avec des chansons comme Tyrolienne haineuse, Tu ronfles, Casseroles et faussets ou encore Chanson, con! Les autres morceaux, s'ils bénéficient d'instrumentations plus soignées, peinent à renouveler l'empreinte musicale de Juliette, évoquant trop fortement des morceaux de l'album précédent. Et si on pouvait écouter certains des premiers albums pour leurs textes, il faut bien avouer cette fois que peu d'entre eux valent le détour, particulièrement les chansons comiques dont le potentiel s'essoufle dès la deuxième écoute.
22:00 Publié dans Critiques d'albums | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, juliette, chanson française
08.04.2008
Efterklang au Point Ephémère, 07.04.08
J'étais curieux de voir comment le groupe allait répondre à cette question cruciale : comment porter à la scène un album comme Parades sur lequel se relayent pas moins de 30 musiciens? J'ai la réponse dès que j'entre dans la salle : en entassant sur la petite scène du Point Ephémère à peu près autant d'instruments qu'il y en a sur l'album! Un vrai fouillis. Dans la pénombre, j'aperçois ,entre la batterie, le piano et un set de percussions, une scie musicale, un violon, des guitares, une basse, un trombone, des tambourins et autres trucs qui font tchik-tchik disséminés un peu partout. Il y aura pas moins de 8 musiciens sur scène, et ils sortiront des recoins d'autres cuivres, des flûtes, un mélodica... Une vraie fanfare menée par Casper Clausen, chef d'orchestre survolté qui chante, gesticule, mime, maltraite ses percussions. On ne sait pas où donner de la tête, chacun joue de plusieurs instruments au cours d'une seule et même chanson tout en faisant les choeurs avec une ardeur impressionnante. Les chansons intimistes de Parades se font plus brutes, teintées parfois de sonorités très rock inattendues bien que l'album soit déjà très épique. Le public est à l'unisson, ce qui a l'air de satisfaire grandement Casper qui arborera du début à la fin un immense sourire franc et chaleureux. Les chansons des différents albums et EP s'enchaînent jusqu'à un superbe final où les musiciens descendent de scène, font un petit tour de fosse avant de se rassembler en demi-cercle au pied de la scène pour jouer encore quelques minutes. Je me retrouve face à eux tous, Casper qui tambourine sous une haie d'honneur de cuivres, Anna la choriste chante à s'en déchirer la voix en agitant son tambourin derrière moi... Ils remontent sur scène, saluent, nous applaudissent avant de disparaître et cèdent finalement au public qui en redemande, nous offrant un Collecting Shields à moitié improvisé.
19:07 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, concerts, efterklang, parades, pop, trip-hop, rock
