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27.03.2008

Sambassadeur - Migration

sambassadeurmigrationkp1.jpgSambassadeur

Migration

Novembre 2007

Note : 4,0/10

 

 

De la pop légère et enjouée mais sans grande ambition, que l'on entend sans déplaisir en bruit de fond mais qui ne résere aucune surprise lors d'une coute plus attentive. L'album ne décolle jamais vraiment, plombé par une ambiance cotonneuse, brumeuse qui enraye toute tentative d'insuffler un peu d'énergie aux jolies mélodies et par la voix d'Anna Persson, un murmure permanent qui finit par agacer. 

Sambassadeur : myspace

25.03.2008

Clark - Turning dragon

Clark

Turning dragon

Février 2008

Note : 7,2/10

 

 

Malgré les efforts de nombreux artistes, la dance et ses cousins la techno et la house suscitent encore chez moi une certaine réticence, y compris "l'intelligent dance music", tiroir générique des plus flous qui regroupe des artistes de tous horizons. Ici, impossible de contester : les racines de Turning dragon sont profondément ancrées dans la dance, ou peut-être la techno, où elles puisent leurs rythmes entêtants et un certain pouvoir hypnotique. Malgré cela, il me paraît risqué de passer un morceau de cet album dans une soirée, le côté "intelligent" prenant facilement le dessus sur une dance efficace et bien huilée. C'est alors que se dévoile le véritable intérêt de l'album et tout le talent de Chris Clark, génialement doué lorsqu'il s'agit de perturber le cours de ses morceaux par l'irruption de bruits et de beats discordants qui confèrent à l'ensemble une tonalité sombre, inquiétante parfois, sans pour autant devenir prétentieux ou difficile d'accès : il règne dans Turning Dragon un désordre très organisé, de telle sorte que tout ce qui sort de l'ordinaire semble aussitôt couler de source. Un impressionnant numéro d'équilibriste entre expérimentation et musique populaire.

Clark : myspace 

14.03.2008

Goldfrapp - Seventh tree

goldfrappseventhtreevk8.jpgGoldfrapp

Seventh tree

Février 2008

Note : 6,8/10

 

 

De virages à 180° en retournements radicaux, Goldfrapp en revient presque à son point de départ : après l'électro-pop ultra-sensuelle de Supernature, nous voilà de retour à Felt Mountain. Mais si on retrouve dans Seventh tree le calme de ce premier opus, l'ambiance a bien changé en quelques années. Nous avions quitté Felt Mountain à l'automne, paysage lunaire, froid et inquiétant. Seventh tree est l'album du printemps, une célébration naïve de la renaissance, de l'éclosion. C'est ce que suggèrent néanmoins ses titres phares, les deux premiers singles Happinesset A&E. Le reste de l'album, tout en étant plus chaleureux que Felt Mountain notamment grâce à l'ajout des guitares sèches, instrument auquel Goldfrapp n'avait encore jamais touché, propose malgré tout une folk plus sombre, intrigante, mystérieuse comme l'inaugural Clowns.  Dommage que l'album s'essouffle par la suite avec l'enchaînement Road to somewhere/Eat Yourself/Some People, trois ballades interchangeables manquant cruellement de fraîcheur et d'originalité qui plombent le rythme de l'ensemble : construites linéairement, sans évolution du début à la fin de chaque morceau, Alison hésite à y démontrer ses capacités vocales, qui constituent pourtant une des premières qualités du reste de l'album.

 Goldfrapp : site officiel | myspace

12.03.2008

Kylie Minogue - X

kyliexartworkno1qj3.jpgKylie Minogue

X

Novembre 2007
 
Note : 8/10
 
 
 
Les albums de Kylie Minogue font partie de mes petits plaisirs coupables : on sait très bien que ça ne vole pas très haut, mais impossible de résister à de petites bombes pareilles. Alors évidemment, du point de vue artistique, c'est le néant ou presque. Kylie bouffe à tous les râteliers, copie Madonna à tour de bras, picore un peu chez Goldfrapp, lorgne dans l'assiette de Timbaland ou des Black Eyed Peas. On s'en fout. Idem pour les textes qui tournent en rond sur 16 morceaux. "Oh yeah oh yeah le dancefloor i feel the beat and the music ooh baby le dancefloor baby baby i love you love you sur le dancefloor yeah". C'est vrai qu'au moment où même Britney se met à faire des textes sarcastiques (le très bon Piece of me -le texte, pas la musique- sur son nouvel album qui n'est pas mal non plus), ce genre de platitudes, c'est presque un tue-l'amour, surtout quand on sait ce qu'a vécu Kylie ces dernières années. En même temps, je crois que personne n'attendait un "album de la maturité" évoquant le cancer, la rupture, etc. Pour elle, mieux vaut oublier toutes ces merdes sur le dancefloor baby, "life's a bitch but so am I"... Et une fois de temps en temps, ça fait du bien d'écouter un album comme ça : on aurait bien tort de s'en priver.

Kylie Minogue : site officiel | myspace 

Shivaree - Tainted love : mating calls and fight songs

shivareetaintedlovefronpx1.jpgShivaree

Tainted love : mating calls and fight songs

Juillet 2007

Note : 8,2/10

 

 

Sortir un album de reprises après deux ans d'absence, c'est rarement un très bon signe ; c'est même carrément craignos question créativité, a priori. Heureusement, question créativité, on s'y connait chez Shivaree : après trois albums bourrés d'idées, on peut bien leur permettre une petite récréation. D'autant plus que ça leur réussit. Je dois avouer ne connaitre qu'un seul des douze morceaux repris et Shivaree a peut-être massacré des chefs d'oeuvre sans que je le sache, mais peu importe : dans le cas de Shivaree, ça ne s'appelle pas "faire un massacre" mais "s'approprier une chanson" (comme à la Nouvelle Star, mais en mieux).  Il n'y a qu'à voir le groove qui anime leur reprise de Don't stop 'til you get enough, à des lieues de la chanson de Michael Jackson, ou le fatras de sons qui recouvre presque Cold blooded, évoquant l'ahurissant Thundercats de l'album Rough dreams, pour en être convaincu. Le reste baigne dans l'ambiance délicieusement rétro qui caractérise le groupe depuis toujours... A noter que la belle Ambrosia devrait s'offrir en 2008 une parenthèse en solo avec la collaboration de Benjamin Biolay, qui figure déjà dans les crédits de Tainted love.

Shivaree : site officiel | myspace 

11.03.2008

Feist - The Reminder


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Feist

The Reminder

Mai 2007

Note : 9,2/10

 

On m'a fait remarquer que c'est la deuxième fois que Feist fait de la "publicité mensongère" pour son album : comme pour Let it die, elle a sorti un premier single (My moon my man) bien groovy, laissant attendre un album qui donnerait envie de remuer des pieds aux cheveux dans une atmosphère enfumée. Mais evidemment, The Reminder, c'est pas Confessions on a dancefloor. En même temps c'est un peu plus interessant que ça aussi.
Mais de là à dire que c'est un album mou, il y a un pas, ou deux. Il faut admettre que Let it die était dans l'ensemble parfait pour la sieste, mais les errances mélodiques à la Lonely Lonely ou les berceuses à la Now at last sont un peu éclipsées dans ce troisième album qui fait la part belle à des rythmes lents mais très balancés (Honey Honey en particulier), des sonorités un peu blues, bref des cadences tout en élégance et en nonchalance.

Ce qui ne veut pas dire que Feist a renoncé à des morceaux plus rythmés non plus. Ils sont assez rares mais inoubliables. D'abord I feel it all, une espèce de suite désabusée de Mushaboom, très pop, avec des petites envolées vocales qui redescendent au fond des chaussettes : un régal. Et puis la reprise du See-line woman de Nina Simone, transformée en Sea lion woman. Dans la lignée de When I was a young girl, c'est une chanson à la mélodie entêtante, qui baigne dans un inconscient collectif. Feist y apparait en initiatrice de cérémonie païenne, entourée d'hommes proches de la transe, fait des incantations, psalmodie... Un grand moment de mysticisme pop.

Allez, un bémol quand meme, mais c'est vraiment pour la forme : la rupture entre Let it die et The reminder que nous avait promise Gonzales n'a pas eu lieu. On retrouve plutôt une Feist plus à l'aise en studio, mieux installée et plus à même de dérouler ses influences, ses gouts et son univers, sans pour autant sombrer dans un immobilisme casanier... Une évolution par petites touches, avec toute la discrétion dont est capable Feist. A tel point que je serais tenté de conclure en disant que c'est l'album de la maturité, mais ce serait céder à la facilité...

 

Feist : site officiel | myspace 

Zazie - Totem

zazietotemfrontay5ef8.jpgZazie

Totem

Février 2007

Note : 8,5/10

 

 

Après Rodéo, un album plutôt audacieux pour une chanteuse "grand public" comme elle, Zazie revient à quelque chose de plus classique avec Totem. Pas question pour autant de renier ses petites aventures électro des dernières années, mais les voilà confrontées à l'univers de la Zazie des débuts, de Je tu ils  à Made in love. On retrouve des rythmes tribaux qui lui sont chers, des guitares ressorties du placard et toujours, derrière tout ça, le bidouilleur de talent qu'est Jean-Pierre Pilot. On bute sur deux ou trois textes un peu faciles et quelques ballades d'une mièvrerie insupportable (L'ange blessé, Duo, 07 Dec.), mais le reste relève le niveau, que ce soient les textes de J'étais là et de Je suis un homme, désormais son plus grand tube en solo, la douce hystérie de Na ou encore l'extrême sensualité de Totem. Au final, un album mi-figue mi-raisin et donc une petite déception, la barre étant très haute après Rodéo.

Zazie : site officiel 

Pauline Croze - Un bruit qui court

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Pauline Croze

Un bruit qui court

Novembre 2007

Note : 9,5/10

 

Autant l'avouer d'emblée, Pauline Croze est en quelque sorte ma chouchoute de la "nouvelle scène française". Après son premier album, qui a tourné en boucle un bon moment chez moi, et ses concerts qui m'ont laissé de très bons souvenirs, j'attendais beaucoup de son nouvel opus. Je n'ai pas été déçu : restant sur la voie amorcée en live par A l'évidence, qui s'est vue enrichie au fil des concerts d'un joli sample, Pauline garde son style et sa personnalité en fouillant plus loin ; l'instrumentation est plus variée, les mélodies audacieuses (on pense au Supposed former infatuation junkie d'Alanis Morissette), les textes moins terre-à-terre. On peut dire que musicalement comme poétiquement, Pauline a cette fois créé son univers, au risque d'irriter parfois à force de trop vouloir déstructurer, saccader la mélodie : on s'efforcera d'oublier rapidement Sur ton front qui frise le ridicule. C'est le prix à payer pour une telle prise de risque.

Pauline Croze : site officiel | myspace | larmes de son (non officiel)

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