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26.07.2008

CocoRosie+Camille aux Voix du Gaou, 23.07.2008

cocorosiegm0.jpg21h00, presqu'île du Gaou, dans le Var. Le soleil se couche doucement sur les pins, la mer clapote, environ 200 personnes assises dans le sable attendent dans le plus grand calme les concerts de CocoRosie et Camille. Une soirée tiédasse entre bobos sudistes? C'est sans compter sur l'énergie débordante des artistes de la soirée, à commencer par les CocoRosie qui investissent la scène avec quelques minutes seulement de retard sur l'horaire annoncé. Dès le départ, on est très loin de l'ambiance que j'avais pu imaginer, il y a quelques années, à l'écoute de La Maison de mon rêve, premier album des deux soeurs. Les bruits de jouets qui créaient cette atmosphère si particulière sont encore là mais intégrés, parfois de manière assez anarchique d'ailleurs, au nouveau son plus hip-hop du dernier album. K-Hole, berceuse inaugurale de Noah's ark, se voit par exemple transformée du tout au tout, habillée de beats rapides et violents par Tez, beatboxer hors-pair qui nous offre ensuite un solo d'une puissance inouïe, avec lequel même les meilleurs acolytes de Camille auront du mal à rivaliser. Beautiful Boyz et By your side bénéficient du même traitement, bien que ce soit de manière moins marquée, et le faussement enjoué Japan finit de gagner le public à la cause des CocoRosie.

Cette tornade de rythmes ne limite cependant pas l'émotion, au rendez-vous lorsque Bianca dédie la dernière chanson, oscillant entre ballade kitschissime et hymne r'n'b, à leur grand-mère décédée, ou lorsque Sierra vocalise sur Promise. Elle qui, affublée d'oreilles de Minnie et d'un maillot de bain échancré enfilé par dessus un maillot de basket XXL, gesticulait avec malice sans le moindre temps mort depuis le début du concert, se fige soudain avec la prestance d'une grande chanteuse d'opéra – le chant lyrique étant sa première vocation. Sa voix, souvent trop discrète en studio, est ici utilisée à sa juste valeur et laisse le public interdit. Ce qui ne nous empêchera pas, plus tard de réclamer un rappel à cors et à cris...

Malheureusement les CocoRosie doivent céder leur place à Camille et ses huit choristes et percussionistes. Débarquant seule sur scène habillée en « petit chaperon orange », celle-ci se lance dans une interprétation a capella de Canards sauvages, extrait de Music Hole, son dernier album plus que médiocre comparé aux merveilles du Fil. Le renfort de sa troupe n'y fait rien : ce morceau est idiot, fade et plat. Un impair pour commencer donc, mais heureusement, après une version peu inspirée de La jeune fille aux cheveux blancs, Camille ouvre véritablement les hostilités avec Home is where it hurts, morceau phare, pour moi, de Music Hole. Les beats sont sourds, lancinants et la chanson monte peu à peu en puissance jusqu'à un final où chacun finit par crier, plusieurs fois, les dernières phrases du texte : « T'as posé tes clefs là où t'étais bouclé, t'as posé tes pieds là où c'est hanté. » Excepté, donc, le couac d'ouverture, on sera plutôt bien servis en ce qui concerne le choix des chansons extraites de Music Hole : Camille nous épargne l'ennui profond de The Monk ou Kfir et la niaiserie navrante de Sanges Sweet. Des chansons comme Gospel with no lord ou Katie's tea, pas forcément convaincantes en studio car trop policées prennent tout leur sens en concert : le contrat de Music Hole, album annoncé comme « festif », est enfin rempli, même si Money Note et Cats and dogs ne sont pas l'explosion délirante attendue. Qu'à cela ne tienne, pour mettre un peu de sel, Camille n'hésite pas à donner de sa personne, bondissant, se roulant par terre, demandant un soutien-gorge au public... Si une partie de ce déchaînement semble répété et rôdé, Camille semble tout de même plus naturelle qu'il y a quelques années, à la fin de la tournée du Fil, dont sont d'ailleurs rescapés les meilleurs morceaux : Ta douleur, évidemment, mais aussi Baby Carni Bird et surtout Pâle septembre, dont l'envolée finale est malheureusement coupée net, et l'émotion avec, Camille ayant décidé de la fondre avec Winter's child, belle ballade malheureusement loin d'atteindre les sommets du Fil.

Dans tout cela, on oublierait presque ce petit album de variétoche qu'était Le sac des filles... Camille aussi à vrai dire : on retrouve seulement Les ex, chantée à toute vitesse et du bout des lèvres comme si elle souhaitait se débarrasser définitivement de cet album à part dans sa discographie. Dommage : il ne manque pas de charme et les réorchestrations de l'époque du Fil le rendait encore plus intéressant. En mettant de plus en plus de côté ces chansons simples et naïves, Camille devient de plus en plus ennuyeuse et prise de tête, comme en témoigne Music Hole. Heureusement, il reste ses concerts pour retrouver la Camille « amuseuse publique », parfois un brin auto-caricaturale, mais toujours enthousiasmante.

CocoRosie : site officiel | myspace

Camille : site officiel | myspace

photo : David Campbell Imagery

19.07.2008

Playlist n°2

Bonjour à tous! En attendant un billet digne de ce nom, je vous propose une nouvelle playlist de saison : quelques chansons caniculaires assorties de leurs pendants glaciaux pour se rafraîchir un petit peu en attendant l'automne...

1. Valgeir Sigurðsson - Equilibrium is restored

2. Jeanne Cherhal - Canicule

3. Margo - Space Summer

4. Milenka & The Pyramids - frOid (sparkling)

5. Billie Holiday - Summertime

6. Pauline Croze - Dans la chaleur des nuits de pleine lune

7. To Rococo Rot - Prado

8. Björk - Aurora

9. Avril - Helium life boat

10. Goldfrapp - White soft rope

11. Holden - Madrid

12. Brigitte Fontaine - Betty Boop en Août (-M- Remix)

13. Autechre - Altibzz

14. Caroline - Winter (Repose Mix)

15. Pierre Lapointe - L'été

16. Metric - Butcher

17. Efterklang - Foetus

18. Emilie Simon - Antarctic (version longue)

Vous pouvez toujours écouter ma première playlist en vous rendant sur le billet qui lui est consacré.

Bonne écoute et attention au rhume ;)

01.07.2008

Speed racer (car je vais aussi au cinéma, parfois)

Déjà dix jours depuis ma dernière note et je n'ai rien écouté assez attentivement pour écrire trois mots. J'ai vu Björk à l'Olympia, c'était bien et j'en reparlerai, j'ai beaucoup écouté Room Eleven et Emily Jane White, mais voilà c'est tout côté musique. Pour pallier ce sérieux manque d'inspiration, je déclare officiellement ouverte la rubrique cinéma qui devrait me permettre de poster plus souvent. Et rassurez-vous, la musique sera bientôt de retour. En attendant, je lance les hostilités avec Speed racer, vu la semaine dernière...

 

speedraceraj0.jpg

Speed Racer

de Andy & Larry Wachowski

18 juin 2008

 Note : 0,5/10

 

 

 

J'en ai vu des bouses, j'en ai vu, mais ce film-là explose tous les compteurs... C'est idiot, bruyant, aveuglant, en un mot abrutissant. Qu'il n'y ait pas de scénario, soit, mais se coltiner en plus un humour au ras des pâquerettes (on atteint quand même des profondeurs jusque là inconnues avec les blagues sur le caca de chimpanzé), c'est trop. Pour compenser tout ça, je m'attendais au moins à être scotché au plafond comme pendant une bonne partie de f-zero, mais on atteint tout juste l'intensité d'un vieux Mario Kart, la faute à un montage hystérique qui empêche de suivre pendant plus d'une seconde les bolides des yeux. Il y a malgré tout quelques plans assez bluffants, preuve que la technologie "2D 1/2", développée pour les besoins du film, est plutôt prometteuse. Malheureusement le reste des effets spéciaux est plutôt raté, notamment les décors dignes d'un Spy Kids, mais version fluo... Une avalanche de couleurs flashy, genre ratatouille de Smarties, d'un mauvais goût incroyable. Au bout de deux heures on a l'impression de s'être fait violer par une barbapapa mutante... Le pire, c'est tout de même qu'au milieu de ce gloubiboulga grotesque, les frères Wachowski prennent le temps de nous seriner une morale des plus niaises, du genre "sois toi-même" et "aime ta famille", avec en bonus des valeurs légèrement nauséabondes, notamment lors d'une scène qui fleure bon les année 50, avec une femme proprette et docile qui prépare un monceau de sandwiches pour sa petite troupe d'hommes qui bossent d'arrache-pied sur un gros moteur... Le plus triste reste tout de même de voir d'excellents acteurs se commettre là-dedans : Susan Sarandon, Christina Ricci, John Goodman et surtout, parce que là on frise le bad trip, Melvil Poupaud! En tout cas si vos rétines n'explosent pas en cours de route, restez jusqu'à la fin ne serait-ce que pour assister à une révélation finale que même Shyamalan n'aurait pas osé inclure dans son pire navet... 

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