24.03.2009
Flairs - Sweat symphony

Les temps sont durs pour ceux qui ont fait la hype de 2008. A l'heure où la moitié de la blogosphère se moque des grotesques Empire of the sun et commence à se demander si des "prodiges" comme Little Boots ou La Roux n'auraient pas été canonisés un peu vite (sans blague?), Flairs tente de transformer l'essai de son Better than prince. Et s'en sort mieux que prévu.
Rappelons, pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, que Better than Prince, le premier single de Flairs sorti en avril 2008 était mixé par Alex Gopher et Etienne de Crécy, et a bénéficié d'un clip signé par Jonas et François. Potentiel hype : 100%. Et, de fait, ce titre volontiers arrogant voire mégalo ("I play bass better than Prince, I make love longer than Prince...") a beaucoup fait parler de lui malgré un texte qui tournait vite court (six lignes en boucles, ça fait pas rire longtemps) et une originalité plus que discutable. Soit. Heureusement, il est plus difficile de faire de l'esbroufe sur toute la durée d'un album, et ce Sweat Symphony est l'occasion de voir ce que Flairs a vraiment dans le ventre. La première chose qui saute aux oreilles, c'est que Flairs, bassiste de formation, aurait peut-être mieux fait de le rester : la justesse du chant est souvent approximative, ce qui suffit à refroidir l'enthousiasme qu'on pourrait ressentir à l'écoute de titres a priori imparables comme Superlife ou French Cowboy. Et pourtant, on est déjà bien au-dessus du niveau de Better than Prince. Car il n'y a, à vrai dire, pas grand chose à jeter sur cet album (ça m'a déçu d'ailleurs, j'espérais avoir une occasion d'être un peu méchant), si ce n'est le monstrueux Whamma Gonna Do qui ressemble à un morceau d'Electric Six qui aurait oublié d'être drôle (déjà que ça ne vole pas bien haut chez la bande de Dick Valentine).
Le reste du temps, l'électro de Flairs flirte agréablement avec la brit-pop, comme sur les très bons Radio et Square Boy. Et quand Flairs revient vers une électro plus pure comme sur l'instrumental Trucker's delight, il parvient - comme peu de ses compatriotes français - à se débarasser de l'héritage des Daft Punk : en toute simplicité, sans le pompiérisme qui caractérise trop souvent des artistes comme Justice ou plus récemment Yuksek, il parvient à créer un morceau irrésistiblement dansant tout en lui donnant un côté sexy qui lui avait échappé dans les ridicules Better than Prince, Whamma Gonna Do et R.E. Balls. Un petit break troublant à la Metronomy et le tour est joué : Trucker's Delight est un des morceaux électro les plus emballants produits par un français ces deux dernières années. Flairs a sans doute beaucoup à apporter à l'électro française, mais pour ça il faut qu'il accepte d'arrêter de chanter.
6/10. A écouter en priorité : Trucker's delight, Radio.
Février 2009
15:13 Publié dans Critiques d'albums | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : flairs, electro, musique

