04.06.2008
Feist au Grand Rex, 03.06.08
Il est fini, et bien fini, le temps où chaque mention du nom de Feist était immanquablement suivi de "hein? qui ça?". Tant mieux ou tant pis, depuis son apparition dans une pub pour iPod, Feist est une star. Oui, mais pour 75% du public présent au Grand Rex, c'est une star qui n'a qu'un morceau, le fameux 1234. Bonjour l'ambiance, "chérie, on attend 1234 et on va se coucher, elle me fait un peu chier avec ses ballades à la con ta canadienne..." D'où un début de show pas franchement enflammé. Mais ne tapons pas trop sur le public, il faut dire que le début du show n'était effectivement pas très enthousiasmant : après un When I was a young girl massacré à force de vocalises tortueuses, on enchaîne bien trop vite sur Mushaboom et My moon my man, qui tombent tristement à plat. C'est pourtant musicalement et visuellement irréprochable : les morceaux lorgnent gentiment sur le rock et un petit théâtre d'ombres se déploie derrière Feist, des visuels étant réalisés en direct sur la plupart des chansons à l'aide de coups de peintures, de papiers déchirés et de tissus. Un procédé qui colle admirablement bien avec l'univers visuel habituel de Feist : coloré, simple et un brin carnavalesque. Si tout ça ne fonctionne pas dès le départ, c'est sans doute d'abord à cause de l'absence quasi-totale de lumière : Feist est là, on l'entend chanter, mais où est-elle? C'est à peine si on distingue le bout de son nez dans la pénombre, ce qui n'est évidemment pas idéal pour établir un contact... D'autant plus que la scène du Grand Rex est trop haute pour les premiers rangs de l'orchestre, trop grande pour le groupe, et que les musiciens ne sont pas franchement débordants d'enthousiasme. Il faudra donc attendre I feel it all, le morceau le plus réjouissant de The reminder - quoi qu'en disent les fans d'Apple - pour que le spectacle décolle vraiment. Ce qui n'empêchera pas Feist de nous faire remarquer que nous sommes étrangement calmes et qu'ils serait temps de se bouger un peu le fion pour mettre l'ambiance. Heureusement sa bonne humeur et son français approximatif viennent au secours du public amorphe, qui commence enfin à réagir...
Les ballades s'enchaînent, plus émouvantes les unes que les autres : How my heart behaves, Honey Honey, Limit to yout love... Jusqu'au point culminant de la soirée, pour moi, When the month changes numbers, inédite jouée régulièrement en live qui trouvera, je l'espère, sa place sur un prochain album studio. Et puis, et puis, oooh, aaah, les premières notes de 1234, joie, euphorie du public, mais c'est qu'il est vraiment coolos ce morceau dis-donc, on a bien fait de cracher nos 40 euros hein bobonne!? On enchaîne sans trop traîner avec un Sea-lion woman décoiffant, avec le renfort du groupe de la première partie (partis sans dire leur nom, mais de toute façon c'était nul). Comme sur l'album, Feist apparaît en maîtresse de cérémonie, entre un sabbat endiablé et une fête digne de celles de Gatsby le Magnifique. Le miracle opère et le plus improbable se produit : le public se lève pour rappeler Feist! Bon Dieu de bon Dieu, mais que leur arrive-t-il? On restera même debout jusqu'au bout, même pendant The water et Let it die qui ne s'y prêtent pourtant pas franchement, mais mieux vaut continuer sur cette lancée, on va pas se plaindre. Pour finir, Feist se met au piano pour jouer maladroitement quelques notes du Gogol de Gonzales, qui la rejoint sur scène pour une dernière chanson. Une inédite que Feist chante assise sur le piano, avec plus de simplicité que jamais, un point final merveilleux qui fait pardonner volontiers tous les petits défauts de cette soirée.
photo : Winnipeg Folk Festival
Feist : site officiel | myspace
23:38 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : feist, grand rex, gonzales, pop, musique

