02.12.2008

Juana Molina - Un día

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Juana Molina vient de la télé. Il y a 12 ans, elle était la star de deux séries comiques en Argentine. Aujourd'hui, elle sort son cinquième album, une des pièces les plus originales et les plus intéressantes de l'année. Comme quoi, il y a peut-être des génies méconnus dans les rangs des acteurs de Plus belle la vie... 

Si les quatre premiers albums de Juana Molina lorgnent vers la folktronica intimiste, les guitares ne sont sorties, sur Un día, que très occasionnellement du placard : ici, ce sont les boucles de voix qui envahissent dès les premières secondes tout l'espace sonore, créant tout au long de l'album un jeu d'échos, de références ; Juana Molina se sample d'une chanson à l'autre, faisant de ces 9 pistes un véritable univers clos sur lui-même. Les boucles s'enroulent sur elles-mêmes, repartent en spirale ; Juana crie, psalmodie, répète des mantras qui semblent tout droits sortis d'une cérémonie chamanique ancestrale. On pourra penser, au fil des chansons, à Camille, à Animal Collective, à Planningtorock, à Björk bien sûr, la chanson éponyme faisant en quelque sorte la synthèse entre Medulla et le single Earth Intruders, sans jamais vraiment mettre le doigt sur une référence évidente. Si l'on peut rentrer dans la transe à laquelle nous invite Juana Molina, le disque reste insaisissable, comme perpétuellement en fuite vers un point inconnu, et son étrangeté continue à dérouter au fil des écoutes.  "Rien n’est jamais identique dans la vie. Le chant des oiseaux n’est pas régulier et c’est pour ça qu’il est beau," dit-elle. Comme le chant des oiseaux, Un día est familier mais toujours imprévisible, vibrant, organique, fougueux, incroyablement varié malgré les jeux de répétitions auxquels se livre Juana Molina. 

9/10

Un día, octobre 2008

A écouter absolument : Un día, Los hongos de marosa

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