22.05.2008
Camille - Music Hole
Camille Music hole
Avril 2008
Note : 4/10
Camille, après un album sympathique mais un peu faiblard et Le fil, le chef d'oeuvre qui a conquis la France entière, était nécessairement attendue au tournant. Que fallait-il faire, revenir à la jolie banalité des débuts ou à nouveau frapper un grand coup? Music hole nous a d'abord été présenté comme un album festif, extraverti, plus sauvage que les précédents. Puis, comme si Camille sentait que le côté festif n'allait pas suffire à rassasier son public, elle nous a expliqué à longueur d'interviews qu'il y avait bien un concept là derrière, que ce music hole, c'était elle, c'était nous, que chacun de nos orifices était un puits à musicalité, etc. Finalement rien de bien nouveau par rapport au Fil et ses expérimentations vocales à grands renforts de postillons. Le cul entre deux chaises, Camille hésite : se lâcher, faire un album vraiment réjouissant mais forcément moins profond que le Fil? Ou bien tenter d'aller plus loin dans le concept, faire un album fouillé, savant, bourré de références?
Ce sera un peu les deux, et ce faisant on perdra la cohérence qui faisait une partie de la beauté du Fil. Il manque un fil rouge à Music Hole, quelque chose qui le ferait ressembler à autre chose qu'un fourre-tout un peu bancal. Mais plus que tout, c'est de spontanéité que cet album manque. La production bien trop fine de Valgeir Sigurdsson ôte à la musique de Camille tout son enthousiasme primal : les percussions sont feutrées, les cris étouffés, à tel point que les chansons les plus rythmées sont finalement les plus ennuyeuses, Canards sauvages et Gospel with no lord en tête. De l'autre côté du large spectre de cet album, les chansons plus intellectualisées donnent quant à elle l'impression d'être de simples démonstrations techniques : l'hommage à Meredith Monk particulièrement est bouffi de lourdeur et de prétention.
On se rassurera avec quelques morceaux qui ont échappé à l'ambiance pesante qui règne dans cet album : l'émotion toute simple d'un piano-voix de cabaret avec Cats and dogs, les cris légèrement éraillés de Home is where it hurts ou encore la dérision explosive de Money note. Trois morceaux où Camille joue la carte du surjeu jusqu'au bout, sans pour autant se caricaturer elle-même : espérons qu'elle saura revisiter tout l'album de cette manière lors de la tournée débutée le mois dernier...
Camille : site officiel | myspace
23:24 Publié dans Critiques d'albums | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : camille, music hole, chanson française, nouvelle scène française, pop
25.04.2008
Pauline Croze au Bataclan, 10.03.08
Je ne voudrais pas faire mon grincheux, mais n'est-ce pas un peu du foutage de gueule, quand on a deux albums à son répertoire, de faire un concert plus court qu'à l'époque où on en avait un seul? 19 morceaux enchaînés sans temps mort, pourtant elle n'avait pas de train à prendre la Pauline, elle était encore à Paris le lendemain... Et pas de dernier rappel, juste un petit retour sur scène, les lumières rallumées, pour nous dire qu'elle nous kiffe mais que bon là ça va quoi, elle a pas que ça à foutre. La Pauline que j'ai vue plusieurs fois il y a deux ans, elle revient et elle refait Je suis floue un p'tit coup (ou une autre, j'suis pas trop exigeant non plus), ou elle baragouine un Enjoy the silence mal fagoté.
Voilà, c'était mieux avant, ça m'a mis en mode schtroumpf grognon ce concert. Parce qu'elle aurait aussi pu se fouler un peu plus pour les arrangements. Exit les délires du genre M'en voulez-vous version ska, on colle à l'album dans 90% des cas avec juste une gratte en plus... On n'a qu'à embaucher un ingénieur du son tout naze, réserver une salle réputée pour son acoustique désastreuse et ils capteront rien à l'embrouille.
C'est vrai, c'est vrai, porter Un Bruit Qui Court sur scène, c'était un défi en soi. Des mélodies casses-gueules, des cris haut perchés, des instruments qui rentrent pas sur la scène. On va dire que ça justifie une prise de risque limitée. D'ailleurs même comme ça ça chie méchamment de la gueule par moments. Valparaiso ne fonctionne pas du tout sur scène (je me suis profondément emmerdé) et Sur ton front est encore plus mauvaise que sur l'album : en fait on n'entend presque plus rien au bout d'un moment tellement chaque musicien fait n'importe quoi dans son coin.
Et puis qui a proposé une version a capella de
Dans la chaleur des nuits de pleine lune? et de virer
Mise à nu et
Mal assis de la setlist?
Dernier tout petit détail, il serait temps qu'elle capte que si elle mettait un haut à sa taille, elle n'aurait pas à remettre sa bretelle en place toutes les 30 secondes.
Après tout, je suis peut-être juste blasé,à force. Si ça avait été mon premier concert de Pauline, j'aurais adoré (peut-être). Malheureusement pour moi, je sais qu'elle est capable de mille fois mieux. Et puis la palme de la nullité revient de toute façon au public qui était vraiment ignoble. Un brouhaha constant pendant les intros des chansons et surtout aucune réaction jusqu'à l'avant-dernier morceau, j'ai nommé
T'es beau. Il est superbe ce morceau, c'est pas le problème, mais si les gens n'aiment qu'une seule chanson de Pauline, qu'ils écoutent le CD chez eux et qu'ils ne viennent pas plomber l'ambiance!
Je finis avec le positif quand même. Pauline est sacrément à l'aise et ça fait plaisir à voir. Jamais je ne l'aurais imaginée danser comme une folle en talons aiguilles, elle qui habituellement ondule péniblement et trébuche avec ses Converse. Côté setlist, entrer sur Nous voulons vivre c'était l'idée du siècle, comme ça au moins j'étais en larmes dès le premier morceau, ça m'a mis dans l'ambiance. Et puis pour vérifier que la patronne est bien en forme vocalement, y a pas mieux. En tout cas elle place de ces notes, c'est impressionant... Jour de foule et Baiser d'adieu, pas de gros effort à faire, ça me fout déjà les larmes aux yeux sur l'album. Et puis le moment clé de la soirée,toujours Je suis floue. Les arrangements sont les mêmes qu'il y a deux ans et de réentendre ça, c'était juste un moment de bonheur absolu... je ne savais plus où j'habitais!
photo : Alain G.|Le Hiboo
Pauline Croze : site officiel | myspace | larmes de son (non officiel)
13:15 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pauline croze, concert, musique, chanson française, clarys, un bruit qui court, nouvelle scène française


