20.06.2008

En bref

Tant d'albums qui sortent et si peu de temps pour dire quelques mots sur chacun! Je dois avouer être d'une lenteur à faire pâlir un gastéropode asthénique et voilà, au bout d'un moment, je suis frustré de la chronique. Alors pour rattraper un peu de retard, voilà un petit condensé de ce que j'ai pu écouter cette semaine...

Coldplay - Viva la vida : annoncé par Violet Hill, leur single le plus intéressant depuis Yellow, un album qui marque une évolution salvatrice pour ce groupe qui commençait à stagner dangereusement... Si certains passages évoquent un peu trop fortement U2 à mon goût, on ne peut que se réjouir de voir Chris Martin et sa bande de sortir du marasme de la pop romantique pour coeurs d'artichaut des deux précédents albums. 6,5/10 site officiel | myspace

Julien Doré - Ersatz :  belle surprise que ce premier album de la Nouvelle Star 2007... entouré d'une belle équipe, Julien Doré navigue entre romantisme et désinvolture, citant abondamment ses références, de Nick Cave à Gainsbourg en passant par Bashung et... Corinne Touzet? Un album à son image, celle d'un dandy cultivé soudain transformé en amuseur public. 7/10 site officiel | myspace

Room Eleven - Mmm... Gumbo? : un recueil de petites douceurs jazzy portées par la voix suave d'une belle néérlandaise qui va à coup sûr illuminer mon été...Merci à Saab pour cette découverte! 8,5/10 site officiel | myspace

Death cab for cutie - Narrow stairs : du rock mélancolique sans imagination... je zappe une fois passées les huit minutes de I will possess your heart, au gimmick au piano simple mais terriblement efficace. 4/10 site officiel | myspace

Arthur H - L'homme du monde : loin des ambiances vénéneuses d'Adieu tristesse, Arthur H nous revient avec un album surchargé de rythmes, entre électro et musique tribale. Un opéra pop où Arthur H, plus sensuel que jamais, nous parle de notre monde, de l'argent, de l'UMP, de la culture de masse, à travers des personnages fantasques comme Kevin B, la lady of Shangai ou encore la déesse de l'amour. Un grand écart admirable entre les étoiles et le plancher des vaches. 9/10 site officiel | myspace

04.06.2008

Feist au Grand Rex, 03.06.08

feistyl0.jpgIl est fini, et bien fini, le temps où chaque mention du nom de Feist était immanquablement suivi de "hein? qui ça?". Tant mieux ou tant pis, depuis son apparition dans une pub pour iPod, Feist est une star. Oui, mais pour 75% du public présent au Grand Rex, c'est une star qui n'a qu'un morceau, le fameux 1234. Bonjour l'ambiance, "chérie, on attend 1234 et on va se coucher, elle me fait un peu chier avec ses ballades à la con ta canadienne..." D'où un début de show pas franchement enflammé. Mais ne tapons pas trop sur le public, il faut dire que le début du show n'était effectivement pas très enthousiasmant : après un When I was a young girl massacré à force de vocalises tortueuses, on enchaîne bien trop vite sur Mushaboom et My moon my man, qui tombent tristement à plat. C'est pourtant musicalement et visuellement irréprochable : les morceaux lorgnent gentiment sur le rock et un petit théâtre d'ombres se déploie derrière Feist, des visuels étant réalisés en direct sur la plupart des chansons à l'aide de coups de peintures, de papiers déchirés et de tissus. Un procédé qui colle admirablement bien avec l'univers visuel habituel de Feist : coloré, simple et un brin carnavalesque. Si tout ça ne fonctionne pas dès le départ, c'est sans doute d'abord à cause de l'absence quasi-totale de lumière : Feist est là, on l'entend chanter, mais où est-elle? C'est à peine si on distingue le bout de son nez dans la pénombre, ce qui n'est évidemment pas idéal pour établir un contact... D'autant plus que la scène du Grand Rex est trop haute pour les premiers rangs de l'orchestre, trop grande pour le groupe, et que les musiciens ne sont pas franchement débordants d'enthousiasme. Il faudra donc attendre I feel it all, le morceau le plus réjouissant de The reminder - quoi qu'en disent les fans d'Apple - pour que le spectacle décolle vraiment. Ce qui n'empêchera pas Feist de nous faire remarquer que nous sommes étrangement calmes et qu'ils serait temps de se bouger un peu le fion pour mettre l'ambiance. Heureusement sa bonne humeur et son français approximatif viennent au secours du public amorphe, qui commence enfin à réagir...

Les ballades s'enchaînent, plus émouvantes les unes que les autres : How my heart behaves, Honey Honey, Limit to yout love... Jusqu'au point culminant de la soirée, pour moi, When the month changes numbers, inédite jouée régulièrement en live qui trouvera, je l'espère, sa place sur un prochain album studio. Et puis, et puis, oooh, aaah, les premières notes de 1234, joie, euphorie du public, mais c'est qu'il est vraiment coolos ce morceau dis-donc, on a bien fait de cracher nos 40 euros hein bobonne!? On enchaîne sans trop traîner avec un Sea-lion woman décoiffant, avec le renfort du groupe de la première partie (partis sans dire leur nom, mais de toute façon c'était nul). Comme sur l'album, Feist apparaît en maîtresse de cérémonie, entre un sabbat endiablé et une fête digne de celles de Gatsby le Magnifique. Le miracle opère et le plus improbable se produit : le public se lève pour rappeler Feist! Bon Dieu de bon Dieu, mais que leur arrive-t-il? On restera même debout jusqu'au bout, même pendant The water et Let it die qui ne s'y prêtent pourtant pas franchement, mais mieux vaut continuer sur cette lancée, on va pas se plaindre. Pour finir, Feist se met au piano pour jouer maladroitement quelques notes du Gogol de Gonzales, qui la rejoint sur scène pour une dernière chanson. Une inédite que Feist chante assise sur le piano, avec plus de simplicité que jamais, un point final merveilleux qui fait pardonner volontiers tous les petits défauts de cette soirée.

 photo : Winnipeg Folk Festival

Feist : site officiel | myspace 

Alanis Morissette - Flavors of entanglement

Alanis Morissette

Flavors of entanglement

Juin 2008

Note : 4/10

 

Chaque album d'Alanis ne fait que confirmer un peu plus l'impression que la première Alanis, l'adolescente énervée, angoissée, survoltée, est morte, remplacée par une pâle copie, une petite chanteuse sans ambition qui chouine sur de mélodies pop faciles. Si la pilule passait sur Under rug swept, dont la médiocrité était compensée par Feast on scraps, une jolie collection de b-sides, So-called chaos était l'album de trop : trop de redites, trop de ballades consensuelles. Où est passée l'énergie de Supposed former infatuation junkie, son album le plus torturé, le plus audacieux aussi dans sa manière de malmener les mélodies et de mêler un rock proche du grunge, des sonorités indiennes et quelques touches d'électro? Doit-on abandonner définitivement tout espoir d'un retour en force d'Alanis? Sur le petit dernier, Flavors of entanglement, quelques passages donnent envie d'y croire encore. Sur quatre morceaux, Alanis parvient à se renouveler et à retrouver l'ardeur des débuts. Citizen of the planet, Moratorium et Versions of violence sont ses trois chansons les plus orageuses depuis une dizaine d'années, deux bons coups de pieds au cul où on retrouve enfin un sentiment d'urgence dans le chant d'Alanis. Le quatrième morceau est le plus surprenant de l'album puisqu'Alanis prend sur Straitjacket une piste presque club. Résultat : une petite bombe tellement inattendue qu'on ne peut, passée la surprise, que fondre.

Faisons les comptes : 4 bons morceaux sur 11, ça fait donc 7 chansons à jeter. Et effectivement, je retrouve ce que je détestais sur les deux albums précédents. Des sonorités indiennes vues et revues, des ballades qui donnent envie de tuer des chatons tellement elles sont niaises, des petites chansons pop insignifiantes. Et par pure clémence, je ne commenterai pas les bonus de l'édition deluxe qui donnent l'impression d'être sortis tout droit d'une session d'enregistrement avec les Corrs. Les arrangements électro de Guy Sigsworth n'y changent rien : Alanis vieillit mal, très mal... 

Alanis Morissette : site officiel | myspace

22.05.2008

Camille - Music Hole

Camille

Music hole

Avril 2008

Note : 4/10

 

Camille, après un album sympathique mais un peu faiblard et Le fil, le chef d'oeuvre qui a conquis la France entière, était nécessairement attendue au tournant. Que fallait-il faire, revenir à la jolie banalité des débuts ou à nouveau frapper un grand coup? Music hole nous a d'abord été présenté comme un album festif, extraverti, plus sauvage que les précédents. Puis, comme si Camille sentait que le côté festif n'allait pas suffire à rassasier son public, elle nous a expliqué à longueur d'interviews qu'il y avait bien un concept là derrière, que ce music hole, c'était elle, c'était nous, que chacun de nos orifices était un puits à musicalité, etc. Finalement rien de bien nouveau par rapport au Fil et ses expérimentations vocales à grands renforts de postillons. Le cul entre deux chaises, Camille hésite : se lâcher, faire un album vraiment réjouissant mais forcément moins profond que le Fil? Ou bien tenter d'aller plus loin dans le concept, faire un album fouillé, savant, bourré de références?

Ce sera un peu les deux, et ce faisant on perdra la cohérence qui faisait une partie de la beauté du Fil. Il manque un fil rouge à Music Hole, quelque chose qui le ferait ressembler à autre chose qu'un fourre-tout un peu bancal. Mais plus que tout, c'est de spontanéité que cet album manque. La production bien trop fine de Valgeir Sigurdsson ôte à la musique de Camille tout son enthousiasme primal : les percussions sont feutrées, les cris étouffés, à tel point que les chansons les plus rythmées sont finalement les plus ennuyeuses, Canards sauvages et Gospel with no lord en tête. De l'autre côté du large spectre de cet album, les chansons plus intellectualisées donnent quant à elle l'impression d'être de simples démonstrations techniques : l'hommage à Meredith Monk particulièrement est bouffi de lourdeur et de prétention.

On se rassurera avec quelques morceaux qui ont échappé à l'ambiance pesante qui règne dans cet album : l'émotion toute simple d'un piano-voix de cabaret avec Cats and dogs, les cris légèrement éraillés de Home is where it hurts ou encore la dérision explosive de Money note. Trois morceaux où Camille joue la carte du surjeu jusqu'au bout, sans pour autant se caricaturer elle-même : espérons qu'elle saura revisiter tout l'album de cette manière lors de la tournée débutée le mois dernier...

Camille : site officiel | myspace 

05.05.2008

Madonna - Hard Candy

bcnmadonnazz2.jpgMadonna

Hard Candy

Avril 2008

Note : 4,5/10

 

25 ans, le bel âge, le début d'une carrière, le moment où l'on peut décider de prendre un virage radical et se faire faire un album R'n'B comme tant d'autres chanteuses l'ont fait, un album inconsistant et passe-partout qui relancera des ventes en berne. Non, non, ne dites pas à Madonna qu'elle a 50 ans, elle en a 25 et elle vous emmerde, et elle se déguise en boxeuse coquine si elle veut. Et puis si Nelly Furtado a fait du R'n'B, alors elle peut aussi, car elle peut tout faire. Et ne lui dites pas non plus qu'elle a vendu plus de 9 millions de Confessions on a dancefloor, elle s'en fout, elle n'a toujours pas digéré le semi-échec du pourtant excellent American Life. Jeunisme, petites concurrentes aux dents longues, voilà sans doute deux des raisons pour lesquelles Madonna sort aujourd'hui un album plus putassier encore que le navrant Confessions. En attendant des nouvelles de la Madone qui savait faire des albums pop touchants et fouillés comme Music, jetons donc une oreille à ce Hard Candy.

Contrairement à Björk, qui sur Hope et Innocence ne s'était pas faite déborder par le style de Timbaland, Madonna se fait bouffer par le style du rappeur-producteur le plus hype du moment. On retrouve des beats signés Timbaland, une touche de synthé typique, la même que sur le nouveau M.Pokora, sur Dance 2night, et Timba va même jusqu'à réécrire le Cry me a river de Timberlake dans Devil wouldn't recognize you, poussant le vice jusqu'à y inclure le même break à base de bruits d'orages. On a d'ailleurs parfois l'impression d'écouter un album de Justin, qui vole la vedette à Madonna à plusieurs reprises, en particulier sur le premier single de l'album, 4 minutes. Pharrell, de même, fait sonner Spanish Lesson comme un titre de N*E*R*D et transforme Give it to me, potentiellement très entraînant, en une improbable rencontre entre pop 80's et compile de tuning.

C'est quand Madonna reprend le dessus que naissent les moments de grâce de l'album : Miles away, Beat goes on et She's not me sont autant de clins d'oeils à la Madonna des 90's, celle de I'm Breathless, d'Erotica et de Ray of light. Des morceaux pop bien calibrés, légèrement kitsch sans tomber dans la caricature, dansants mais bien construits... Trois notes d'espoir dans cet album tristement banal : Madonna est encore pleine de ressources.

Madonna : site officiel | myspace 

25.04.2008

Albin de la Simone au Café de la Danse, 16.04.08

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Albin m'a trop bien habitué. Quand je le vois en concert, j'attends toujours qu'une Jeanne Cherhal, un JP Nataf ou n'importe quel invité sorte d'un placard, histoire de nous offrir un duo débile répété à la va-vite. Ce soir, pas de Red Legs (qui auraient pourtant été bienvenues après Arlt, la première partie calamiteuse), pas de "ces mots stupides" : Albin assure le show tout seul comme un grand, bon, on va pas se plaindre non plus. Surtout qu'en guise d'invités il y a deux choristes un peu déjantées, en robes argentées, aux cheveux violets et oranges, qui reprennent les choeurs kitsch et débiles de Bungalow! Les deux soeurs Barnes sont en fait... des marionnettes, style Muppet show. Une idée qui aurait l'air un peu débile, voire pathétique, dans un autre contexte, mais chez le roi du kitsch qu'est Albin, ça passe comme une lettre à la Poste, d'autant plus qu'elles sont coordonnées aux moumoutes rouges qui recouvrent le synthé d'Albin et autres accessoires...


Une fois les deux soeurs présentées, les chansons de Bungalow! peuvent défiler : "Adrienne", "J'aime lire", "Ce pull" "Catastrophe", "N'importe quoi", "Vendéen" et surtout "Sympa" sont toutes de petites bombes taillées pour la scène, toutes en "pogos, bagarres de chaises". En revanche, "Parle-moi" et "J'avais chaud" sont aussi fades qu'en studio.
Côté vieilles chansons, on a surtout droit aux "tubes", celles qui marchent bien en live parce qu'elles ont la pêche : "J'ai changé", "Avant tout I want you", "Avril 4000", "Tu es là", "Elle aime" ne sont pas spécialement retravaillées pour l'occasion mais c'est vraiment un plaisir de les retrouver. Plus surprenantes peut-être, rescapées des setlists de la tournée précédente, "Ils cueillent des jonquilles", "Amour, amitié" et "Quand j'aurai du temps" apportent quelques moments d'émotion au concert. "Non merci" est la seule à être relookée de A à Z pour l'occasion : une version piano-voix très calme. C'est à la fois absolument génial et un peu frustrant d'être privé d'une chanson qui a autant de punch, j'aurais bien aimé la version "normale" en dernier rappel (à la place on a eu un bis d'"Avant tout...", pas mal non plus.

Seul point noir : la salle... Plus jamais je mets les pieds au Café de la Danse. c'est super mal foutu, avec une espèce de fosse bâtarde où on est obligés de rester assis parce que sinon on bloque la vue des gens dans les gradins, qui eux n'ont pas intérêt à se lever vu le peu d'espace dont ils disposent, pour remuer un peu c'est vraiment pas terrible... du coup impossible de jumper sur des morceaux pourtant irrésistibles comme "Sympa" ou "Avant tout I want you". quant aux morceaux calmes ils sont à moitiés ruinés par le bruit de la monnaie qui tombe lourdement dans le tiroir-caisse du bar toutes les 30 secondes...

Un très bon show donc, que j'espère revoir bientôt dans une salle plus sympa pour en profiter à fond!

photo : Seb|Le hiboo 

Albin de la SImone : site officiel | myspace 

08.04.2008

Efterklang au Point Ephémère, 07.04.08

efterklanggw6.jpgJ'étais curieux de voir comment le groupe allait répondre à cette question cruciale : comment porter à la scène un album comme Parades sur lequel se relayent pas moins de 30 musiciens? J'ai la réponse dès que j'entre dans la salle : en entassant sur la petite scène du Point Ephémère à peu près autant d'instruments qu'il y en a sur l'album! Un vrai fouillis. Dans la pénombre, j'aperçois ,entre la batterie, le piano et un set de percussions, une scie musicale, un violon, des guitares, une basse, un trombone, des tambourins et autres trucs qui font tchik-tchik disséminés un peu partout. Il y aura pas moins de 8 musiciens sur scène, et ils sortiront des recoins d'autres cuivres, des flûtes, un mélodica... Une vraie fanfare menée par Casper Clausen, chef d'orchestre survolté qui chante, gesticule, mime, maltraite ses percussions. On ne sait pas où donner de la tête, chacun joue de plusieurs instruments au cours d'une seule et même chanson tout en faisant les choeurs avec une ardeur impressionnante. Les chansons intimistes de Parades se font plus brutes, teintées parfois de sonorités très rock inattendues bien que l'album soit déjà très épique. Le public est à l'unisson, ce qui a l'air de satisfaire grandement Casper qui arborera du début à la fin un immense sourire franc et chaleureux. Les chansons des différents albums et EP s'enchaînent jusqu'à un superbe final où les musiciens descendent de scène, font un petit tour de fosse avant de se rassembler en demi-cercle au pied de la scène pour jouer encore quelques minutes. Je me retrouve face à eux tous, Casper qui tambourine sous une haie d'honneur de cuivres, Anna la choriste chante à s'en déchirer la voix en agitant son tambourin derrière moi... Ils remontent sur scène, saluent, nous applaudissent avant de disparaître et cèdent finalement au public qui en redemande, nous offrant un Collecting Shields à moitié improvisé.
 
photo : Rod|Le Hiboo 

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27.03.2008

Sambassadeur - Migration

sambassadeurmigrationkp1.jpgSambassadeur

Migration

Novembre 2007

Note : 4,0/10

 

 

De la pop légère et enjouée mais sans grande ambition, que l'on entend sans déplaisir en bruit de fond mais qui ne résere aucune surprise lors d'une coute plus attentive. L'album ne décolle jamais vraiment, plombé par une ambiance cotonneuse, brumeuse qui enraye toute tentative d'insuffler un peu d'énergie aux jolies mélodies et par la voix d'Anna Persson, un murmure permanent qui finit par agacer. 

Sambassadeur : myspace

14.03.2008

Goldfrapp - Seventh tree

goldfrappseventhtreevk8.jpgGoldfrapp

Seventh tree

Février 2008

Note : 6,8/10

 

 

De virages à 180° en retournements radicaux, Goldfrapp en revient presque à son point de départ : après l'électro-pop ultra-sensuelle de Supernature, nous voilà de retour à Felt Mountain. Mais si on retrouve dans Seventh tree le calme de ce premier opus, l'ambiance a bien changé en quelques années. Nous avions quitté Felt Mountain à l'automne, paysage lunaire, froid et inquiétant. Seventh tree est l'album du printemps, une célébration naïve de la renaissance, de l'éclosion. C'est ce que suggèrent néanmoins ses titres phares, les deux premiers singles Happinesset A&E. Le reste de l'album, tout en étant plus chaleureux que Felt Mountain notamment grâce à l'ajout des guitares sèches, instrument auquel Goldfrapp n'avait encore jamais touché, propose malgré tout une folk plus sombre, intrigante, mystérieuse comme l'inaugural Clowns.  Dommage que l'album s'essouffle par la suite avec l'enchaînement Road to somewhere/Eat Yourself/Some People, trois ballades interchangeables manquant cruellement de fraîcheur et d'originalité qui plombent le rythme de l'ensemble : construites linéairement, sans évolution du début à la fin de chaque morceau, Alison hésite à y démontrer ses capacités vocales, qui constituent pourtant une des premières qualités du reste de l'album.

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12.03.2008

Kylie Minogue - X

kyliexartworkno1qj3.jpgKylie Minogue

X

Novembre 2007
 
Note : 8/10
 
 
 
Les albums de Kylie Minogue font partie de mes petits plaisirs coupables : on sait très bien que ça ne vole pas très haut, mais impossible de résister à de petites bombes pareilles. Alors évidemment, du point de vue artistique, c'est le néant ou presque. Kylie bouffe à tous les râteliers, copie Madonna à tour de bras, picore un peu chez Goldfrapp, lorgne dans l'assiette de Timbaland ou des Black Eyed Peas. On s'en fout. Idem pour les textes qui tournent en rond sur 16 morceaux. "Oh yeah oh yeah le dancefloor i feel the beat and the music ooh baby le dancefloor baby baby i love you love you sur le dancefloor yeah". C'est vrai qu'au moment où même Britney se met à faire des textes sarcastiques (le très bon Piece of me -le texte, pas la musique- sur son nouvel album qui n'est pas mal non plus), ce genre de platitudes, c'est presque un tue-l'amour, surtout quand on sait ce qu'a vécu Kylie ces dernières années. En même temps, je crois que personne n'attendait un "album de la maturité" évoquant le cancer, la rupture, etc. Pour elle, mieux vaut oublier toutes ces merdes sur le dancefloor baby, "life's a bitch but so am I"... Et une fois de temps en temps, ça fait du bien d'écouter un album comme ça : on aurait bien tort de s'en priver.

Kylie Minogue : site officiel | myspace