25.04.2008
Pauline Croze au Bataclan, 10.03.08
Je ne voudrais pas faire mon grincheux, mais n'est-ce pas un peu du foutage de gueule, quand on a deux albums à son répertoire, de faire un concert plus court qu'à l'époque où on en avait un seul? 19 morceaux enchaînés sans temps mort, pourtant elle n'avait pas de train à prendre la Pauline, elle était encore à Paris le lendemain... Et pas de dernier rappel, juste un petit retour sur scène, les lumières rallumées, pour nous dire qu'elle nous kiffe mais que bon là ça va quoi, elle a pas que ça à foutre. La Pauline que j'ai vue plusieurs fois il y a deux ans, elle revient et elle refait Je suis floue un p'tit coup (ou une autre, j'suis pas trop exigeant non plus), ou elle baragouine un Enjoy the silence mal fagoté.
Voilà, c'était mieux avant, ça m'a mis en mode schtroumpf grognon ce concert. Parce qu'elle aurait aussi pu se fouler un peu plus pour les arrangements. Exit les délires du genre M'en voulez-vous version ska, on colle à l'album dans 90% des cas avec juste une gratte en plus... On n'a qu'à embaucher un ingénieur du son tout naze, réserver une salle réputée pour son acoustique désastreuse et ils capteront rien à l'embrouille.
C'est vrai, c'est vrai, porter Un Bruit Qui Court sur scène, c'était un défi en soi. Des mélodies casses-gueules, des cris haut perchés, des instruments qui rentrent pas sur la scène. On va dire que ça justifie une prise de risque limitée. D'ailleurs même comme ça ça chie méchamment de la gueule par moments. Valparaiso ne fonctionne pas du tout sur scène (je me suis profondément emmerdé) et Sur ton front est encore plus mauvaise que sur l'album : en fait on n'entend presque plus rien au bout d'un moment tellement chaque musicien fait n'importe quoi dans son coin.
Et puis qui a proposé une version a capella de
Dans la chaleur des nuits de pleine lune? et de virer
Mise à nu et
Mal assis de la setlist?
Dernier tout petit détail, il serait temps qu'elle capte que si elle mettait un haut à sa taille, elle n'aurait pas à remettre sa bretelle en place toutes les 30 secondes.
Après tout, je suis peut-être juste blasé,à force. Si ça avait été mon premier concert de Pauline, j'aurais adoré (peut-être). Malheureusement pour moi, je sais qu'elle est capable de mille fois mieux. Et puis la palme de la nullité revient de toute façon au public qui était vraiment ignoble. Un brouhaha constant pendant les intros des chansons et surtout aucune réaction jusqu'à l'avant-dernier morceau, j'ai nommé
T'es beau. Il est superbe ce morceau, c'est pas le problème, mais si les gens n'aiment qu'une seule chanson de Pauline, qu'ils écoutent le CD chez eux et qu'ils ne viennent pas plomber l'ambiance!
Je finis avec le positif quand même. Pauline est sacrément à l'aise et ça fait plaisir à voir. Jamais je ne l'aurais imaginée danser comme une folle en talons aiguilles, elle qui habituellement ondule péniblement et trébuche avec ses Converse. Côté setlist, entrer sur Nous voulons vivre c'était l'idée du siècle, comme ça au moins j'étais en larmes dès le premier morceau, ça m'a mis dans l'ambiance. Et puis pour vérifier que la patronne est bien en forme vocalement, y a pas mieux. En tout cas elle place de ces notes, c'est impressionant... Jour de foule et Baiser d'adieu, pas de gros effort à faire, ça me fout déjà les larmes aux yeux sur l'album. Et puis le moment clé de la soirée,toujours Je suis floue. Les arrangements sont les mêmes qu'il y a deux ans et de réentendre ça, c'était juste un moment de bonheur absolu... je ne savais plus où j'habitais!
photo : Alain G.|Le Hiboo
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11.03.2008
Pauline Croze - Un bruit qui court

Pauline Croze
Un bruit qui court
Novembre 2007
Note : 9,5/10
Autant l'avouer d'emblée, Pauline Croze est en quelque sorte ma chouchoute de la "nouvelle scène française". Après son premier album, qui a tourné en boucle un bon moment chez moi, et ses concerts qui m'ont laissé de très bons souvenirs, j'attendais beaucoup de son nouvel opus. Je n'ai pas été déçu : restant sur la voie amorcée en live par A l'évidence, qui s'est vue enrichie au fil des concerts d'un joli sample, Pauline garde son style et sa personnalité en fouillant plus loin ; l'instrumentation est plus variée, les mélodies audacieuses (on pense au Supposed former infatuation junkie d'Alanis Morissette), les textes moins terre-à-terre. On peut dire que musicalement comme poétiquement, Pauline a cette fois créé son univers, au risque d'irriter parfois à force de trop vouloir déstructurer, saccader la mélodie : on s'efforcera d'oublier rapidement Sur ton front qui frise le ridicule. C'est le prix à payer pour une telle prise de risque.
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